
Haïti, quasi à l'épicentre du tremblement de terre qui a ravagé "l'un des plus pauvres pays de la planète" est en passe de se retrouver également à l'épicentre des vieux réflexes colonialistes et ethnocentristes occidentaux.
Au plus fort des besoins (les secours immédiats), les occidentaux, citoyens et médias, politiques et adminsitratifs, se sont soudain mobilisés pour "sauver" les enfants en cours d'adoption, propulsant à l'avant-scène ces quelques centaines d'enfants au détriment des centaines de milliers d'autres pourtant tout aussi en détresse. Mais sans généreux "papa mamans blancs" pour les secourir.
Quelle gêne de voir cette débauche d'énergie déployée pour "inciter" les autorités locales à apposer leur tampon au bas d'une enquête sociale et d'un accompagnement spécifique de ces enfants pour en finir avec ses "lourdeurs administratives" qui privent ses pauvres enfants d'un salutaires foyers outre-atlantique!
Perso, ça me rappelle l'Arche de Zoé qui avait défrayé la chronique sur les même thème : sauvons d'urgence des enfants orphelins (de la guerre cette fois-là) condamnés par les "lourdeurs administratives" qui entravent leurs sauveurs, selon les mots employés par son fondateur.
Avec au final un scandale révélant que la plupart de ces enfants n'étaient pas orphelins, ni même du Darfour, et leurs parents pas au courant de leur "sauvetage" (les principaux responsables étant des notables locaux).
Et voilà qu'Haïti pointe son nez de misère.
Et sans plus de précaution, les braves, sages et condescendants occidentaux décident qu'ils faut sauver ses nègrillons de leur merde, en soulignant bien souvent au passage que s'ils avaient pas eu l'idée très conne de vouloir briser leurs chaînes ils seraient pas dans cette misère.
C'est bien connu, les nègres ça sait rien faire correctement, à part du sport.
J'ai bien aimé en cela le discours de Frédérique Mitterrand (homme de droite, pas transfuge, je le rappelle, et malgré tout bien meilleur et légitime à son poste que Christine Albanel qui était une grosse tache) qui, tout comme Régis Debré, a souligné la réelle part de responsabilité historique de notre pays (l'Espagne aussi est fortement concernée) vis-à-vis de ce pays.
Un pays peuplé d'indiens (environ 100.000) lors de l'arrivée des colons, massacrés car incontrôlables puis remplacés par des esclaves noirs importés d'Afrique.
8 millions de demi de noirs vivent désormais sur cette partie de cette île partagée avec la République Dominicaine.
Et son économie est à bout de souffle, sa dernière ressources exploitable et exportable, le bois, ayant été surexploitée laissant une île bientôt rasée.
Le quart de ses ressources provient désormais des fonds envoyés par ses expatriés.
Ce qui explique sans doute pourquoi tant de parents se résolvent à "abandonner" leurs enfants à de riches blancs en mal de pouponnage.
Haïti n'a plus de bois à vendre, qu'importe, il nous reste encore leurs enfants à acheter.
En plus, on fera une bonne action.
Salutations!
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