
Cette campagne n'en finit plus de dévaler son caniveau, déversant un flot gluant et malodorant le long de nos rues.
Jour après jour, les polémiques se succèdent, les coups bas pleuvent, enlisant les enjeux de ces élections dans un marais médiatique nauséabond.
Europe Ecologie avait bâti son succès aux européennes sur son programme, sur le fond, sur ses propositions, ne parlant alors que d'Europe et s'est donc placée sur la ligne de départ avec la même optique.
Un lourd document a été édité reprenant l'ensemble des objectifs et aspirations de cette formation pour les régions, l'équipe de campagne ayant par la suite décidé de le livrer en version courte.
Dix-neuf pages, la version courte, quand même ^^.
Mais voilà, pour faire du fond, il faut du débat.
Et là, nous ne sommes pas dans le débat, tout se passe comme si les autres formations, très courtes dans leurs programmes, avaient décidé de s'entendre pour occuper au maximum l'espace médiatique en se jetant à corps perdu dans la polémique de bas étage.
Le dernier épisode en date, le casier du candidat PS du Val d'Oise (déjà visé par une blague raciste), est de surcroît très dérangeant.
Déjà parce que sur les cinq "révélations" trois sont des accusations très sujettes à caution et la quatrième prescrite, donc juridiquement interdite de publicité, la cinquième j'y reviendrai plus tard.
Alors bien sûr, le candidat porte plainte, mais la lenteur de notre système judiciaire - dénoncé année après année dans le rapport annuel d'Amnesty International - et la prise en main des parquets et tribunaux orchestrée par Sarko ne risque pas de permettre d'établir une quelconque vérité avant le scrutin.
Et là, je reviens à la cinquième condamnation, lancée sur la place publique avant même que l'accusé n'ai eu le temps d'en prendre connaissance!
Car c'est là où le bas blesse le plus.
Ces "dossiers", les élus UMP en ont disposés avec une facilité déconcertante, obtenant donc des pièces avant même les premiers concernés, prétendant sans vergogne se les être procuré auprès du greffe ou sur internet. J'aimerais voir ça, moi, qu'un tribunal divulgue comme ça, à la demande, des actes officiels! et encore mieux, les trouver sur internet!
Je vais de suite aller réclamer au tribunal les documents concernant le député-maire de ma commune moi, tiens!
Une chose est sûre cependant : ça fait peur de se dire que des hommes politiques puissent se croire suffisamment sous le régime d'impunité qu'ils se permettent d'enfreindre ainsi la loi en calomniant sans retenue.
Et ça fait encore plus peur de se dire que la justice française puisse être ainsi devenu un outil politique au service du pouvoir UMP.
Benito, si tu m'entends...
Salutations!
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