lundi 11 janvier 2010

Les écrits restent...

En voilà un qui s'est un peu trop mouillé...
Dépêche AFP publiée par sport.fr le 3 décembre dernier :

"
Les conditions de sécurité sont réunies pour assurer le bon déroulement des matchs de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en janvier dans l'enclave angolaise de Cabinda, théâtre de troubles séparatistes. J'affirme catégoriquement que toutes les conditions de paix et de sécurité sont réunies à Cabinda", a déclaré Antonio Bento Bembe, ancien leader du Front de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC), aujourd'hui ministre sans portefeuille chargé des questions relatives aux droits de l'homme.

"

Alors voilà, outre la magnifique claque que vient de se prendre ce brave ministre, le FLEC (Front de Libération de l'Etat du Cabinda) a réussit son opération de com', et est sorti à coup de kalashnikov (et au prix de deux morts) de l'anonymat dans lequel il végétait depuis des décennies.
Car qui connaissait le Cabinda précédemment?
Personne.



Zoom donc sur ce pays, et un rapide coup d'oeil sur la carte de l'Angola nous amène de suite à nous dire que, en effet, abstraction faite de la méthode de médiatisation y a quelquechose de louche...
C'est le petit morceau, en haut à droite.

Le Cabinda, c'est carrément un territoire coupé de l'Angola, leur "union" date en fait de 1957 lorsque le colonisateur portuguais décida, pour faciliter ses revendications territoriales en vue du Congrès de Berlin.

Lors du départ des portuguais, les troupes angolaises se sont empressées de mettre la main sur ce territoire.
Il représente en effet, via son pétrole notamment, près de la moitié du PNB et 90% du budget de l'état angolais.
La résistance organisée contre les portuguais n'a donc pas eut le temps de déposer ses armes.

Une histoire de gros sous, donc, et si les "résistants" cabindais n'ont eux sans doute aussi que le bonheur des 300.000 habitants de cette région dans la tête, force est de reconnaitre qu'on est là encore face à un merveilleux héritage de la colonisation. Mais les africains ne peuvent pas le savoir, ils ne sont pas encore entré dans l'histoire.

Et nous dans tous ça?
Et bien, comme il est dit sur le site du ministère des Affaires (le mot est bien choisit) Extérieures : "L’Angola et la France ont de nombreux intérêts communs : efforts de stabilisation dans la région des grands lacs, francophonie, intérêts économiques."
C'est pas moi qui ai mis en gras, je précise de suite. Alors, les efforts de stabilisations, on a vu ça avec le Rwanda, la francophonie, c'est une évidence, l'Angola est lusophone, reste donc le dernier chapitre.
Le site précise donc : "le Président de la République s’est rendu à Luanda le 23 mai 2008., (..) Le Président était accompagné de Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, (..) et de représentants d’entreprises (Total, Air France, Castel, Thalès, EADS, Bolloré, Société Générale).
Ah oui, Total est actionnaire à hauteur de 10% de la Cabinda Gulf Oil Company aux côté de l'Italien ENI (9,8%), de l'américain Chevron (39,2%) et de l'angolais SONANGOL (41%).

Avec une production estimée à plus de 1 million de baril par jour, on comprend mieux pourquoi le pays des Droits de l'Homme ne s'est jamais formalisé de ce qu'il se passe dans ce coin.
Et pourquoi de pauvres gars se sont pris des balles pour permettre à d'autres de briser une omerta internationale.


Salutations!

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